Chemin de Compostelle de Estella à Torres del Rio

Soixante-Dixseptième journée : de Estella à Torres del Rio.

Nous quittons Estella et entrons dans Ayegui. Nous arrivons à Irache connu pour sa fontaine à vin, où nous ne prendrons que l’eau (autre possibilité moins connue). Mentionné dès 958, le monastère d’Irache, au pied du mont Montejurra, se présente sous la forme d’un vaste quadrilatère flanqué d’une église romane à tour carrée, qui existait sans doute dès l’époque wisigothique. Nous continuons vers Azqueta. Nous franchissons le col à Villamayor de Monjardin. Monjardín était une forteresse inexpugnable des Banu Qasi (Wisigoths convertis à l’Islam). Le château s’appela d’abord San Estebàn de Deyo et a pris le nom de la hauteur conique sur laquelle il fut construit au XIe siècle, après que Sancho Garcés Ier eut pris aux Maures cette position déjà mentionnée en 833 dans leurs chroniques. En 1060, le roi Sancho de Peñalba céda ce lieu au monastère d’Irache, qui le conserva neuf siècles. Nous descendons vers Los Arcos. Reconnaissable à sa haute tour, l’église Santa Maria de Los Arcos est d’origine romane, mais appartient par sa décoration intérieure au baroque espagnol. L’effet est saisissant : les stucs, les statues, les peintures ne laissent aucune surface à nu. Nous remarquons tout particulièrement les murs du transept et leur décoration imitant des cuirs de Cordoue. Le cloître du XVe siècle, avec ses fenêtres flamboyantes, montre l’élégance du gothique. Nous poursuivons notre route vers Sansol, où l’église est située au sommet du village. Elle est baroque du XVIIIe siècle et conserve une sculpture gothique du XIV. A côté de la tour il y a un excellent point de vue sur Torres del Río. L’église du Saint-Sépulcre de Torres del Rio est l’un des monuments les plus singuliers du chemin et l’un des meilleurs exemples du roman tardif en Navarre. Sa principale originalité, en dehors de son plan octogonal, réside dans les influences qu’il a subies de la part de l’art musulman d’Espagne. Ainsi s’expliquent notamment la présence des nervures qui s’entrecroisent sous sa coupole, que supportent de grosses ogives rectangulaires. Le toit est surmonté d’un lanternon octogonal qui brillait dans la nuit, évoquant ceux des minarets, et qui servait jadis de lanterne des morts.

CS38 de Estella à Torres del Rio (Photos de l’étape)

29,4 km

Altitude mini 423 m, Altitude maxi 673 m

Ascension cumulée 518 m, descente cumulée 554 m

34,6 km effort