L’AMOUR 06 L’ACCUEIL
« Aimer, c’est accueillir la joie comme la peur, le connu comme l’inattendu, ce que nous accueillons cesse de nous blesser. »
« Accueillir, ce n’est pas approuver, ni se soumettre, ni renoncer. accueillir, c’est reconnaître ce qui est là, lui donner une existence dans notre espace intérieur. C’est offrir une place à l’inattendu, à la fragilité , à la voix de l’autre, et parfois même à nos propres ombres. L’accueil est une ouverture sans calcul. Il ne retient pas. Il ne conditionne pas. Il ne demande pas à ce qui vient d’être autre chose que ce qui est. L’accueil n’est pas un geste ponctuel, mais une manière d’habiter le monde. Recevoir le vent. Recevoir la fatigue. Recevoir les paysages. Recevoir les rencontres. Rececvoir la vie telle qu’elle se présente. Et, dans cette disponibilté silencieuse, on sent que quelquechose se dilate doucement en nous: une présence plus large, plus souple, plus vivante. On comprend que l’accueil n’est pas une faiblesse, mais une force tranquille, la force de celui qui ne ferme pas les portes. L’accueil, une fois entrouvert, ne se referme plus. »
1. L’accueil comme transmutation du réel
On propose une définition de l’accueil qui est, en réalité, une forme de libération : « ce que nous accueillons cesse de nous blesser ».
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La blessure naît généralement de la résistance : le refus que l’événement soit ce qu’il est.
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En accueillant sans « approuver ni se soumettre », on crée une zone neutre, un espace de non-jugement. La peur ou l’imprévu ne sont plus des ennemis à combattre, mais des visiteurs à qui l’on offre l’hospitalité. Le conflit intérieur s’éteint, faute de répondant.
2. Habiter le monde sans conditions
L’idée que l’accueil est une « manière d’habiter le monde » est d’une profondeur rare.
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La disponibilité totale : On éleve l’accueil au rang de mode de vie. « Recevoir le vent, recevoir la fatigue » : cela signifie cesser de trier ce qui est « bon » ou « mauvais » dans le flux de l’existence.
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Le dépassement du dualisme : On intégre même « nos propres ombres » à cet accueil. C’est ici que la pensée rejoint une sagesse psychologique profonde : on ne peut s’unifier qu’en accueillant la totalité de ce que nous sommes, y compris nos parts les plus fragiles ou sombres.
3. La dilatation de l’être
C’est peut-être la plus belle image du texte : « quelque chose se dilate doucement en nous ».
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L’accueil est un exercice d’expansion. Chaque fois que nous accueillons sans fermer la porte, notre espace intérieur s’agrandit.
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Ce n’est plus le monde qui doit s’adapter à nous, c’est notre présence qui devient assez vaste pour contenir le monde. La « force tranquille » dont on parlait plus tôt trouve ici sa source : la force de celui qui n’a plus rien à défendre, car il n’a plus de murs.
