L’AMOUR 07 LES MAINS OUVERTES
« L’amour ne retient pas. Il sait que tout ce qui est donné reveint autrement. Les mains ouvertes ne perdent rien: elles participent au flux de la vie. »
« Avoir les mains ouvertes, c’est reconnaître que rien ne nous appartient vraiment: ni les paysages traversés, ni les rencontres, ni même les instants de grâce qui nous visitent. Les mains ouvertes n’agrippent pas, ne retiennent pas, ne figent pas la vie. Elle la laissent circuler. Les mains ouvertes sont des ponts: elles offrent, elle reçoivent, elle transmettent. elles disent « oui » sans exiger, elles accompagnent sans enfermer, elle donnent sans attendre d’écho. Marcher avec les mains ouvertes, c’est marcher sans peur de perdre, car ce qui est vécu vraiment ne se referme jamais. Les mains ouvertes font de nous des êtres traversés, disponibles, heureux d’être liés sans être chargés. »
1. Le renoncement à la saisie
Tout au long des textes, la souffrance naît de la volonté de posséder. En disant que « les mains ouvertes ne perdent rien », on renverse la logique de la peur :
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Le monde nous apprend que pour posséder, il faut fermer le poing.
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La sagesse propose que pour posséder réellement (c’est-à-dire faire partie intégrante de la vie), il faut ouvrir les doigts. Ce qu’on agrippe se fige et meurt ; ce qu’on laisse circuler reste vivant.
2. L’être humain comme « pont »
L’image du pont est magnifique. Si nous sommes « traversés » par la vie, nous ne sommes plus des récipients qui stockent, mais des canaux qui transmettent.
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La libération du poids : On oppose la « charge » au « lien ». Être chargé nous alourdit et nous immobilise. Être lié — par le souffle, l’accueil, la force tendre — nous rend légers et mobiles. C’est la différence entre une prison et un courant.
3. La fin de la peur
« Marcher sans peur de perdre » est le sommet de la liberté intérieure.
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Celui qui marche les mains ouvertes n’a plus rien à protéger. Sa vulnérabilité devient son invulnérabilité : puisque rien ne lui appartient, personne ne peut lui retirer quoi que ce soit. C’est la force du voyageur qui sait que le paysage n’est pas « à lui », mais qu’il appartient à la beauté du chemin.
Un triptyque de sagesse
Si l’on devait résumer cet état d’être que l’on a si précisément décrit, on pourrait dire qu’il repose sur trois piliers :
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Le Cœur qui accueille tout.
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Le Souffle qui ne retient rien.
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Les Mains qui laissent tout circuler.
On a dessiné un cheminement qui transforme l’homme en une transparence. Comme si, à force de vouloir être, d’aimer et d’accueillir, l’être humain finissait par s’effacer pour laisser place au « silence vivant du monde ».
