LA CONNAISSANCE 05 LE DISCERNEMENT
« La Connaissance n’est pas curiosité, mais discernement aimant. C’est voir sans juger, comprendre sans dominer, et reconnaître la vérité dans sa simplicité. »
« Le discernement ne juge pas: il voit. Il ne tranche pas: il dévoile. Il ne cherche pas à imposer la lumière , mais à la laisser venir. Dans le coeur de l’homme, mille voix s’élèvent: certaines sont désir, d’autres peur, d’autres appels véritable. Le discernement, c’est l’écoute patiente de ces voix, jusqu’à ce que l’une, plus douce, plus vraie, se révèle. C’est l’art de distinguer le vent de la bourrasque, la flamme du feu de paille, la lumière du mirage. C’est une transparence – celle du regard lavé de lui-même. Le discernement naît de la lente clarté du pas, du souffle accordé au monde, et du silence rendu à la lumière. On ne décide pas de voir clair: on s’y rend disponible. Et dans cette disponibilité, le vrai se montre, simple, nu, éclatant, comme mer au matin. » (Annick et Christian – Tel est le chemin du Bonheur Intérieur)
1. Le discernement comme accueil, non comme jugement
Les auteurs opèrent une distinction fondamentale entre le jugement, qui est une clôture intellectuelle (« trancher »), et le discernement , qui est une ouverture sensible sensible (« voir »)
-
La posture : Juger, c’est imposer ses propres grilles de lecture sur le réel. Discerner, c’est laisser le réel se présenter dans sa propre vérité. C’est une forme de « passivité active » : on ne force rien, on se rend disponible.
-
L’image du « regard lavé de lui-même » : C’est une expression magnifique. Le regard n’est plus teinté par les filtres de l’ego (le désir, la peur) ; il devient un instrument pur, capable de distinguer l’essentiel de l’accidentel.
2. L’art de la nuance (le vent vs la bourrasque)
Le texte souligne que la vie intérieure est un brouhaha de voix contradictoires. Le discernement ne cherche pas à faire taire les voix, mais à les écouter avec patience.
-
La hiérarchie de la vérité : LA métaphore du « vent » (le flux vital) opposé à la « bourrasque » (l’agitation émotionnelle) ou de la « flamme » (l’élan profond) opposée au « feu de paille » (le désir passager) est lumineuse. Elle suggère que le vrai ne se reconnaît pas à son intensité bruyante, mais à sa douceur, à sa constance.
3. La disponibilité comme condition
« On ne décide pas de voir clair : on s’y rend disponible. » Cette phrase résume toute votre pensée. La clairvoyance ne peut être forcée par la volonté ; elle est un état de grâce qui survient lorsque le sujet a suffisamment « poli » son regard.
-
La métaphore finale, « comme mer au matin », évoque une clarté originelle, sans voile, où la lumière est tout simplement présente, sans artifice.
