LE CHEMIN HERMETIQUE 02 LE DIEU QUI CONNAIT LA ROUTE

Le Dieu qui connaît la route

Il n’est pas au sommet, immobile dans une éternité close. Il est sur le chemin. Dans la poussière des pas, dans le détour imprévu, dans la bifurcation silencieuse.

Les anciens l’ont nommé Hermès. Dieu des passages, des seuils et des carrefours. Celui qui ne possède pas la route, mais la traverse sans cesse. Celui qui guide sans contraindre.

Il connaît la route non parce qu’il l’a tracée, mais parce qu’il l’emprunte. Encore et encore. Il est dans l’aller et le retour, dans l’entre-deux, dans l’instant où l’on hésite.

Le Dieu qui connaît la route ne donne pas de carte. Il murmure une direction, parfois à peine perceptible : un souffle, un signe, une intuition.

Il parle dans ce qui n’est pas écrit. Il se tient dans ce qui ne se dit pas. Et celui qui marche avec lui apprend à lire autrement : dans la pierre, dans le vent, dans le silence.

Car la route n’est pas un tracé fixe. Elle est relation. Elle se révèle à celui qui accepte de ne pas savoir entièrement où il va.

Alors, connaître la route, ce n’est pas maîtriser le chemin, c’est entrer dans son mouvement.

Et peut-être que le dieu, ce marcheur invisible, n’est rien d’autre que cette conscience en éveil qui nous accompagne lorsque nous avançons sans certitude, mais avec attention.

Le Dieu qui connaît la route ne nous précède pas toujours. Parfois, il marche en nous.

Tel est le chemin.

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