LES TRAVERSEES 09 L’AUTOPOÏESE

Tel est le chemin
Livre II — Les Traversées

Chapitre XVIII : L’Auto-Poïèse (L’Artisanat de soi)

​Au terme des longues traversées, une évidence apparaît : le chemin ne conduit pas seulement quelque part, il façonne celui qui le parcourt.
​La marche de longue durée n’est pas une simple consommation de paysages ou une accumulation de performances. Elle s’apparente à un artisanat patient, à l’image du sculpteur qui retire peu à peu la matière superflue de la pierre pour laisser apparaître la forme véritable. En marchant, nous ne découvrons pas seulement qui nous sommes : nous participons activement à notre propre création.
​Chaque difficulté surmontée, chaque pas répété avec humilité, chaque réglage du corps et de l’esprit transforment nos anciennes habitudes et font s’effriter nos certitudes inutiles. L’atelier se trouve sous nos pieds, et l’œuvre s’accomplit en nous-mêmes.

« Le soir, lorsqu’il retire son sac et contemple les kilomètres parcourus, le marcheur comprend parfois que le véritable ouvrage n’est pas la distance accomplie. L’œuvre se trouve en lui-même. Et cette œuvre avance lentement. Avec la patience des saisons. Avec l’humilité des gestes répétés. Avec la confiance de celui qui sait que toute croissance authentique demande du temps. »

​Atteindre la crête, ce n’est pas achever le voyage. C’est simplement franchir un seuil, un lieu de passage et de révélation où l’espace s’ouvre soudain pour offrir un regard neuf sur le chemin parcouru et sur les horizons à venir.

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