L’EVEIL DU LOGOS 01 LE SEUIL
Le Seuil
Le ciel, gris de perle, efface le contour,
La terre sous ses pas murmure son mystère.
Il laisse loin derrière, au sortir de l’aurore,
Le bruit des villes mortes et leur froide matière.
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Son sac pèse le poids des dogmes abolis,
Il marche vers l’oubli des certitudes vaines.
Le chemin sous ses pieds s’étire, infini, lisse,
Loin du bourdonnement qui glaçait ses semaines.
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« Écoute avec tes pieds », la voix souffle en secret,
Le Logos n’est jamais le fruit d’une machine.
Il faut, pour découvrir ce que le monde tait,
Laisser mourir en soi l’orgueil et sa routine.
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Pourquoi le tout surgit, pourquoi ce vide immense ?
La question, comme un vent, vient ouvrir son esprit.
Il ne cherche plus d’ordre, il ne cherche plus d’avance,
Il se laisse habiter par ce qui fut proscrit.
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Le monde devient nu, fragile et souverain,
Chaque pierre rencontrée a le don de lui dire
Que le sens ne se trouve au creux d’aucun refrain,
Mais dans ce thaumazein qui fait tout refleurir.
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Quatre-vingt-onze jours pour brûler ses mémoires,
Pour que l’œil, enfin pur, contemple le réel.
Il s’éloigne à jamais des factices histoires,
Sous l’immense silence où se perd le ciel.
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Il marche, un étranger dans ce monde retrouvé,
Chaque pas est un mot, chaque souffle est un seuil.
Il n’a plus de réponse, il a tout éprouvé,
Et la vie recommence, au-delà de son deuil.
