L’EVEIL DU LOGOS 03 L’APEIRON

L’Apeiron

Le sentier s’est tari, le sol devient aride,

La lumière se fond dans un vide éblouissant.

Max hésite, inquiet devant ce plan limpide,

Où tout semble s’effacer, s’étendre, s’élargissant.

Un homme, au milieu d’un cercle sans frontière,

Trace dans la poussière un souffle, un mot sans corps.

Il efface le trait pour mieux laisser la terre

Devenir ce foyer où tout prend son essor.

« Ce qui est limité ne peut être la base,

L’illimité contient le germe de nos jours. »

Max sent, en ce silence, une étrange extase,

Le monde n’est qu’un point sur un immense cours.

L’onde de Thalès n’était qu’un premier langage,

L’ Apeiron aujourd’hui défait toute raison.

Ce qui n’a pas de nom, ce qui n’a pas d’image,

Devient le socle pur de chaque horizon.

Nous cherchons des objets, des formes, des repères,

Pour calmer le vertige et le bruit de nos nuits ;

Mais l’être est cet abîme où tout devient poussière,

Un champ de forces libres, un puits de bruits inouïs.

Chaque chose ici-bas est une courte dette,

Un emprunt fait à l’ombre avant de s’y rendre.

Max comprend, en marchant, que l’âme se projette

Vers ce qui, dans le fond, ne pourra jamais s’apprendre.

Le ciel n’est plus qu’un voile, et le sol une idée,

Il marche dans le vide avec un pas léger.

L’infini l’enveloppe, en lui tout est guidé :

Ne plus rien posséder pour tout mieux partager.

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