L’HORIZON 02 LA LUMIERE BLANCHE

Tel est le chemin
Livre III — L’Horizon

Chapitre XX : La Lumière Blanche (L’Épure du Regard)

​Après les longues traversées surviennent parfois des instants de clarté exceptionnelle. Rien n’a changé extérieurement, et pourtant tout paraît différent.
​Lorsque le soleil atteint son zénith, les formes perdent leurs ombres habituelles et le paysage se simplifie dans une clarté presque absolue. Cette lumière verticale agit comme une épure sur notre esprit. Le flot continu de nos commentaires intérieurs s’interrompt enfin. Les préoccupations secondaires s’effacent pour laisser place à une attention nue, un rapport direct et transparent au réel.
​Le marcheur découvre alors que la simplicité n’est pas un appauvrissement, mais une purification du regard. Les arbres deviennent des volumes de vie, les rivières des mouvements continus de clarté. L’œil, lavé de ses habitudes de contrôle et de comparaison, cesse de vouloir découper ou posséder le monde. Il l’accompagne.

​« Le regard ne cherche plus. Il ne découpe plus le monde. Il ne compare plus. Il accueille. Comme une eau après la pluie qui aurait retrouvé sa transparence, l’œil se fait simple. […] Voir ne consiste pas à ajouter. Mais à retirer ce qui empêche de voir. Et tandis que le soleil poursuit sa course au sommet du ciel, le regard lavé découvre que la beauté n’a jamais été absente — elle attendait simplement que l’on cesse de la recouvrir. »

​Marcher au long cours nous dépouille de nos complexités inutiles jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une évidence : le monde est là, nous sommes là, et cela suffit.

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